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Mars 2003 |
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L'Argentine est l'un des principaux producteurs mondiaux de cuirs et peaux, en particulier de bovin. Subissant de plein fouet la crise qui touche l'Amérique Latine, le pays offre des cuirs de qualité qui alimentent l'industrie de la chaussure, même si la compétitivité internationale n'est pas toujours au rendez-vous.
La France n'est que le 14ème client de l'Argentine, en revanche, elle occupe le sixième rang de ses fournisseurs ; les biens de consommation représentent 16 % des exportations françaises, et seulement 3 % de ses importations.
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Traditionnellement réputée pour son cheptel bovin (90 % de la production), l'Argentine est l'un des 10 premiers producteurs mondiaux de cuirs et peaux.
A l'origine développées par des sociétés anglaises et américaines, neuf des dix entreprises leaders, de même que la majorité des 80 PME du marché, sont aujourd'hui de capitaux nationaux.
La production de cuir représentait 0,25 % du PIB en 1993, pour venir se situer actuellement à une moyenne de 11,4 % par an. Le secteur de la transformation du cuir emploie directement 15 000 personnes, chiffre qui s'élève à 45 000 dès lors que l'on prend en compte la distribution. On note cependant une baisse de 25 % depuis 1991 (60 000 emplois).
En 2002, le pays possédait un cheptel de 50 millions de têtes de race Européenne, avec un abattage oscillant entre 11 et 16 millions de têtes par an. Une reprise rapide "post-fièvre aphteuse" devrait conduire à la diminution du taux de rebut (25 %) et à l'augmentation importante du nombre de peaux disponibles dans les prochains mois.
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Population : 38,2 millions d'habitants*
Produit Intérieur Brut : 117,4 milliards d'US$*
PIB par habitant : 3073 US$
Inflation : 20,5 % (moyenne annuelle)*
Solde budgétaire : - 0,2 % du PIB*
Solde courant : 8,4 % du PIB*
Dette externe : 99 % du PIB*
Excédent commercial : 315 millions d'euros
Echanges commerciaux avec la France :
Exportations françaises : 808 millions EUR
Importations françaises : 493 millions EUR
2001 (sauf * : prévisions 2003) - source : PEE
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Malgré les crises financières, l'industrie du cuir locale a construit un secteur sain utilisant des technologies modernes, qui produit des croûtes et des cuirs finis conformément aux normes internationales.
Les modernisations accomplies dans les années 90 ont fait de la tannerie argentine un secteur compétitif au niveau international et certifié ISO 9001, 9002, 14000 et QS 9000. Aujourd'hui, sa place est prédominante en tant que fournisseur de cuir pour ameublement et pour l'industrie de l'automobile, aussi bien que pour les plus grandes marques internationales de chaussures.
Le marché argentin de la chaussure est estimé à environ 1,5 milliard de $, dont plus de la moitié concernent des chaussures de sport ou assimilées.
Jusqu'au début des années 90, le pays était une référence régionale dans la confection de chaussures, du fait notamment de la qualité et du faible coût de la production nationale de cuir. Cependant, depuis 1991, cette industrie souffre d'une forte perte de compétitivité au niveau mondial, en particulier face au Brésil et à l'Asie.
Le secteur est composé de 120 grands et moyens fabricants de chaussures, secondés par près de 1500 ateliers artisanaux travaillant comme sous-traitants. Il emploie 45 000 personnes, dont 15 000 dans les activités annexes.
Les principaux centres de production se trouvent dans les provinces de Buenos Aires, Córdoba et Santa Fé.
C'est dans les années 80 que cette industrie s'est fortement développée, avec des investissements en machines de haute technologie se montant à plus de 490 millions de $ pour la période de 1991 à 1999.
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Le marché argentin de la chaussure en 2000 (en millions de paires)
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Production
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72
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Importations
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25
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Exportations
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1
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Consommation
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96
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| Source : Abicalçados |
La dévaluation du peso a généré un point de rupture dans l'économie du pays en général, et en particulier pour les secteurs du cuir, de la chaussure et de la maroquinerie.
Le secteur est néanmoins inclus dans le plan de compétitivité qui vise à relancer l'industrie nationale, et bénéficie de mesures d'allègements d'impôts et de protection douanière.
Malgré cela, les ventes de chaussures de sport ont baissé de plus de 20 % en 2000, tandis que pour les autres types de chaussures, la baisse a été de 35 %. Cela s'explique par la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs et la forte concurrence de chaussures brésiliennes bon marché.
Le principal produit de l'industrie argentine de la chaussure est la chaussure de sport, fabriquée par cinq grandes entreprises qui travaillent sous licence pour des marques internationales : Adidas (28 % du marché), Topper (25 %), Nike (14 %), Reebok (8 %) et New Balance (5 %).
Quelques usines importantes produisent également pour le marché interne et les pays limitrophes.
Les sports concernés sont surtout le running, le tennis, le basket et le football.
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Les importations
Entre le 1er juillet 2000 et le 30 juin 2001, l'Argentine a importé 5 millions de cuirs bruts, venant principalement du Brésil (29 %), de l'Uruguay (21 %) et du Paraguay (9 %).
En 2000, pour la période de janvier à octobre, les importations de chaussures ont représenté plus de 25 millions de paires, soit 204 millions de $, soit une hausse de 30 % par rapport à 1999. Depuis 1991, les importations ont grimpé de 300 %.
Ces importations sont à 40 % des chaussures de sport, et viennent surtout du Brésil et d'Asie (Chine, Indonésie, Vietnam, Corée). En 2000, le Brésil et l'Argentine ont conclu un accord qui limite les importations de chaussures brésiliennes, avec comme contrepartie des produits exemptés de la demande de licence d'importation.
Les exportations
Malgré une baisse régulière depuis plusieurs années, le marché du cuir est principalement tourné vers l'exportation : 80 % de la production (provenant pour l'essentiel d'une douzaine d'entreprises) est exporté vers plus de 60 pays, ce qui a représenté 750 millions de $ en 2001. Avec 12 millions de cuirs exportés chaque année, l'Argentine est dans le peloton de tête des fournisseurs mondiaux de cuirs.
Ses principaux clients sont les Etats-Unis (39 % de la production en 2000), le Brésil (12 %), la Chine (11,6 %) et l'Italie (10 %).
Depuis de nombreuses années, suite à un conflit entre les grandes entreprises frigoristes et les tanneurs, l'exportation de la matière première brute est interdite.
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Exportations de cuirs en 2001
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Croûte
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51 %
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Cuir fini
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40 %
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Wet-blue
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8 %
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Cuir à semelles
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1 %
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| Source : Leather International |

La distribution de chaussures est fonction de la qualité des produits :
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chaussures bas de gamme (importées d'Asie ou fabriquées localement) : magasins spécialisés de certains quartiers, grandes surfaces et chaîne de self-service spécialisée (Shoe Express).
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chaussures moyen de gamme (production nationale) : détaillants (majoritairement indépendants), magasins spécialisés.
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chaussures haut de gamme : magasins spécialisés de centre-ville et boutiques de mode haut de gamme.
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chaussures de sport : détaillants indépendants, chaînes spécialisée et grandes surfaces.
Les importateurs grossistes privilégient en général les produits de moyen-bas de gamme, en provenance d'Asie.
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Le gouvernement argentin revient sur sa décision de "redollariser" les dettes des sociétés étrangères.
Le 3 février 2002, le gouvernement argentin a adopté le décret 214/02, qui a établi la "pesification" de l'économie argentine ; c'est-à-dire que "toutes les obligations de remettre des sommes d'argent, quelles que soient leur cause ou leur origine", libellées en dollars ou en autres devises étrangères, existant au 6 janvier 2002 (c'est-à-dire au moment de l'entrée en vigueur de la loi 25 561, dite loi d'urgence économique et financière) sont converties en pesos à la parité 1 USD=1AR$. En revanche, les passifs bancaires libellés en dollars sont convertis en pesos au taux de 1USD /1,4 AR$).
Le 9 janvier 2003 le gouvernement a adopté le décret d'urgence 53/03 relatif à la "redollarisation" des dettes des sociétés étrangères (alinéa H), et dont l'alinéa L maintient libellés en dollars les emprunts contractés en Argentine par des sociétés implantées dans le pays auprès de succursales locales de banques (maisons-mère ou succursales) implantées à l'extérieur et octroyés avec des lignes de crédit concédées par des entités financières domiciliées à l'étranger.
Dès sa publication, les investisseurs étrangers ont transmis au gouvernement argentin leur préoccupation sur l'entrée en vigueur de ces dispositions discriminatoires et créant des distorsions sur le marché. Les autorités argentines ont alors publié, le 14 janvier 2003, un décret 70/03 qui annule les alinéas H et L.
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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE, de Leather International, World Leather, et d'Abicalçados.
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