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Drapeau de l'Inde Le marché du cuir en Inde
Décembre 2008
 Sommaire :
 

Challenger de la Chine, l’Inde occupe une place de premier plan dans la production mondiale des matières premières et des produits de la filière cuir, avec une part de marché de 15 %.

Si le secteur de la tannerie est historiquement important, le pays compte encore des faiblesses structurelles liées à l’approvisionnement en peau, à la modernisation des équipements et à la montée en gamme des produits ou encore la fragilité financière.

Le processus de libéralisation entamé en 1991 commence à produire ses effets avec une croissance élevée se tournant vers l’industrie manufacturière, même si des facteurs économiques et sociaux handicapants contraignent l’essor économique du pays.

Carte de l'Inde


Organisation du marché

Le développement indien sort de sa dépendance liée aux activités nécessitant une forte intensité de main-d’oeuvre qualifiée pour se diversifier, notamment dans les secteurs manufacturiers et de la construction. La mobilisation pour plus de maind’oeuvre est délicate dû fait des freins sociaux nombreux (castes, illétrismes), mais le pays parvient progressivement à sortir du paradoxe de la “croissance sans emploi”. L’Inde réussit désormais à accroître progressivement sa classe moyenne et par conséquent sa consommation intérieure.

L’industrie indienne du cuir est complexe. Le pays a une longue histoire dans le cuir, et dispose du plus grand cheptel mondial (plus de 485 millions de têtes), d’une capacité de production de cuir considérable (185 millions de peaux tannées) et d’un effectif colossal (2,5 millions de travailleurs). L’Inde est en concurrence directe avec la Chine, aux ressources financières et aux capacités plus importantes de production et de développement de produits qualitatifs. Le cuir indien représente 3 % du marché mondial (contre 20 % pour la Chine), avec une activité globale s’élevant à 4 milliards d’US$ et des exportations atteignant 2 milliards d’US$.

Cheptel indien

Les industries de la chaussure et du vêtement dynamisent le secteur de la tannerie qui est donc essentiellement tourné vers les besoins intérieurs. La capacité de production actuelle de cuirs finis est de 2 milliards de pieds carrés et 80 % des cuirs exportés sont des cuirs finis.

Le tissu industriel est très fragmenté, avec peu d’entreprises à capitaux étrangers. La structure familiale rend ainsi délicate l’apport de financements externes et de modernisation des installations. Quelques grandes entreprises, voire conglomérats, intègrent la tannerie et la fabrication de produits finis.

Le fonctionnement indien en économie d’envergure fait que les entreprises sont tentées de développer leur production en regroupant des productions de produits différents, en intégrant la fabrication de produit finis. En cas de succès, elles accèdent à des économies d’échelle qui leur permettent d’engranger des bénéfices plus importants. En cas d’échec, et c’est fréquent, les entreprises anticipent mal la pression des coûts et les problèmes de non-qualité, rendant les produits peu concurrentiels. Ces entreprises étant à 90 % “familiales”, l’accès au financement est délicat. Face aux enjeux environnementaux dont doit faire face l’industrie (gestion de l’eau, traitement des effluents) et qualitatifs indispensables, les blocages structurels sont importants.

L’approvisionnement en peaux des tanneries est un point noir : si le buffle bénéficie d’un mode de collecte organisé et mécanisé, notamment dans les régions du Nord et de l’Ouest, celle des peaux de bovin est beaucoup plus délicate… car elle tient à la place de la vache dans l’hindouisme. La consommation de viande est encadrée culturellement et religieusement.
Comme toute partie du corps de la vache dans l’hindouisme, la peau accueille une déité. Elle détient “le Pouvoir qui envahit tout”, l’absolu, le “Brahman”. D’où les difficultés à collecter la peau, généralement issue de carcasses d’animaux morts ou en provenance d’abattoirs illégaux. La solution passe par un sourcing étranger, avec des importations en hausse régulière.

Le secteur des produits chimiques pour la tannerie est très implanté en Inde, suivant les mouvements de relocalisation actuels des chimistes européens. Bénéficiant d’un creuset de personnels scientifiques, de nombreux centres de R&D se sont développés et des opérations de promotion auprès des jeunes sont menées.

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Chiffres clés

L'Inde en chiffres

Vache sacréePopulation : 1,136 milliard d'habitants
Produit Intérieur Brut : 1.167 milliards d’euros
PIB par habitant : 1.004 US$
1 euro = 61,98 Roupie (INR) (28/10/08)
(Dix millions de roupies = 1 crore)
Taux de croissance du PIB : + 9,4 %
Taux d'inflation : 5,7 % (12% en juillet 2008)
Taux de chômage moyen : 8,9 %
Dette externe : 19 % du PIB
Balances des paiements : 7,9 % du PIB
Exportations : 151,3 milliards d’US$
Importations : 230,5 milliards d’US$
Solde de la balance commerciale : - 67,7 millions d’US$ (2006)
Echanges commerciaux avec la France en 2007 :
Exportations françaises : 3,4 milliards d’euros
Importations françaises : 2,8 milliards d’euros


Source : Banque Mondiale, CIA (Factbook), PEE (chiffres 2007)

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Tendances du commerce extérieur

Exportations

La filière cuir contribue significativement aux exportations à hauteur de 3 % des exportations totales, même si ce sont principalement les produits finis (chaussures, vêtements, articles de maroquinerie) qui forgent cette tendance. Le groupe interministériel en charge du développement du secteur prévoit une forte croissance des exportations : de 2,7 milliards d’US$ en 2006-07 à 7 milliards US$ en 2011-12, la chaussure étant majoritaire. Entre avril 2007 et mars 2008, l’industrie a enregistré une hausse de 13,6 % de son activité à 3,47 milliards US$, contre 3,06 milliards sur la même période, un an auparavant.

cuirs finis indien


Importations

Entre avril 2007 et mars 2008, l’Allemagne a été le premier importateur de produits en cuir avec 488 millions US$, suivi de l’Italie (479 millions US$), le Royaume-Uni (414 millions US$) et les États-Unis (306 millions US$).

Importations indiennes de cuirs

Importations indiennes de peaux brutes

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Exporter en Inde

L’Inde est membre de l’OMC depuis 1995 mais l’accès au marché indien reste complexe et coûteux. Les procédures de dédouanement, les infrastructures routières, les coûts de manutentions portuaires, les difficultés de stockage : le coût d’une importation standard (hors droits de douane) est estimée à 1.244 dollars par conteneur, en comparaison avec le coût moyen établi par l’OCDE à 883 dollars.

Les barrières non-tarifaires restent nombreuses, y compris dans le cuir, avec la demande de délivrance de certificat formalisant des exigences sanitaires ou de conformité selon des normes locales.

De nombreux progrès sont à relever, sur l’informatisation des douanes et la circulation des informations, d’assistance (présence de transitaires, de procédure de préenregistrement).
Enfin, les échanges avec le voisin chinois se développent fortement et peuvent parfois aboutir sur des accords commerciaux privilégiés avec les pays de l’Océan Indien.

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Développement de la filière cuir en Inde

Pour le secteur du cuir, le XIème Plan (2007-2012) a souligné les difficultés d’obtention de peau de qualité, une souscapacité de production avec des installations obsolètes : la limitation de l’impact environnemental de la tannerie suppose des investissements et des infrastructures de traitement qui font défaut, mais également une maind’oeuvre qualifiée, qui ne se dirige par sur les métiers du cuir.

L’Inde a démarré plusieurs projets d’envergure comme l’ouverture en 2005 du “Calcutta Leather Complex”, Zone Économique Spéciale (ZES) qui vise à relocaliser les 523 tanneries de Calcutta à l’extérieur de la ville, dans un parc de 445 hectares. Cette zone fabrique près de 20 % du cuir indien. Le projet connaît un démarrage progressif et doit regrouper différentes industries : un abattoir, des tanneries, usines de fabrication de produits chimiques, fabricants d’articles de maroquinerie. Des installations collectives existent ou sont prévues : station d’épuration, centre de formation et de recherche, etc. 180 tanneries sont déjà implantées.

D’autres zones d’activités devraient obtenir le statut de ZES comme le Jalandhat Leather Complex (Pendjab) qui compte déjà 70 tanneries, ou encore à Panjipar dans l’Ouest Dinajpur.

Le programme de travail établit par le Council for Leather Exports (CLE) sur la période 2006-2010 vise à développer les compétences humaines (conception, production), développer le recours aux technologies propres, tout en modernisant les installations existantes pour monter en gamme et attirer les investisseurs étrangers. Sur ce dernier axe, une politique fiscale et douanière accompagne la création de joint-venture et les investissements directs étrangers.

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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE de New Delhi et de Bombay et des revues Leathers, Leather International, d’études du Council for Leather Exports (CLE), International Trade Centre, Ministère indien des Finances, EXIM Bank et de IBEF (India Brand Equity Foundation).


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