Aidé par la flambée du prix du baril de pétrole, le marché des Émirats Arabes Unis est très captif pour les
accessoires de mode.
Marché très diversifié, il fait office de « test » pour les autres pays du Golfe et du
Moyen-Orient. |
 |
Il profite pleinement de la construction d’infrastructures et d’investissements étrangers
colossaux et de la consommation d’expatriés ou de touristes fortunés, alimentant une économie en mouvement
permanent. Aussi, les Émirats représentent un débouché principal pour les articles de maroquinerie et les
chaussures avec un marché évalué à 1 milliard de dollars pour 5 millions d’habitants...
|

Les Émirats Arabes Unis (EAU) sont regroupés en une
fédération de sept États du Moyen-Orient situés sur
le golfe Persique et le golfe d'Oman : Abou Dabi,
Ajman, Charjah, Dubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et
Oumm al Qaïwaïn. S’ils bénéficient de ressources
pétrolières importantes (25 % des réserves
mondiales), ces pays ont diversifié leur économie
dans l’industrie (aluminium) et les services (plus de
40 % du PIB). La diversification dans le tourisme en fait
une destination pour le shopping et les loisirs,
appuyée par des projets d’aménagements ambitieux
mais financièrement risqués : création d’îles artificielles
à Dubaï, de la deuxième plus grande tour au monde,
du futur plus grand aéroport et du plus grand hôtel au
monde, ou encore d’une deuxième piste de ski. De
quoi accompagner la consommation parallèle
d’articles de mode et d’habillement.
Les différents salons organisés à Dubaï (dans une
moindre mesure Abu Dhabi et Sharjah) permettent
d’aborder également les autres marchés du Moyen
et du Proche-Orient. Si Dubaï est la véritable porte
d’entrée des importations des EAU et la plate-forme
commerciale de réexportation vers les autres pays
voisins (Europe de l’Est, Russie, Afrique), il fait aussi
fonction de “marché test” pour les six autres
marchés des EAU.
Depuis près de 20 ans, la réussite des Émirats
Arabes Unis repose également sur de nombreuses
zones franches spécialisées par secteur (industries
manufacturières, logistique-stockage, services,
technologies de l’information, bijouterie, …). Les
entreprises implantées dans ces zones franches
bénéficient d'une exemption des droits et taxes
douaniers. À noter, le lancement en octobre 2005 de
la zone franche Dubai Textile Village proposant sur
460.000 m², 295 show-room ou magasins dédiés à
l’habillement et aux articles de mode.
Haut de page

La production locale de chaussures et d’articles de
maroquinerie étant anecdotique, les Émirats Arabes Unis ont
un recours intensif aux importations, dont une partie est
réexportée quasiment en intégralité à partir de Dubaï (Jebel
Ali), ou d'Abu Dhabi. Elles sont principalement destinées à
l'Iran, la Libye et l'Arabie Saoudite. En 2005, les Émirats
Arabes Unis ont importé des articles de maroquinerie pour
une valeur de 589 millions d'US$ (réexportation de 72 millions
d'US$) et des chaussures pour 400 millions d'US$
(réexportation de 170 millions d'US$).

La Chine et les pays asiatiques sont positionnés sur les
segments de bas de gamme, l’Empire du Milieu monopolisant
le marché avec plus de 2/3 de la maroquinerie et la moitié
pour celui de la chaussure. La France est le 3ème fournisseur
pour la maroquinerie avec une part de marché de 6 % et
l'Italie se place comme le premier fournisseur européen des
EAU en maroquinerie, comme en chaussure.


Haut de page

|
Les Emirats Arabes Unis en chiffres
Population : 4,96 millions d'habitants*
Produit Intérieur Brut : 158,3 milliards d'US$*
PIB par habitant : 31.900 US$*
1 euro = 5,2 Dirhams émiriens (AED) - Oct. 2007
Taux de croissance du PIB : +9,1 %
Taux d'inflation : 12 %
Exportations : 122,3 milliards d'US$
Importations : 99 milliards d'US$
Membre de l'OMC depuis le : 10 avril 1996
Echanges commerciaux avec la France en 2006 :
Exportations françaises : 10,8 milliards d'euros*
Importations françaises : 24,5 milliards d'euros*
Source : PEE, Douanes françaises, Banque Mondiale (2005, sauf * : 2006)
|
 |
Haut de page

La population des Émirats Arabes Unis est composée à 85 %
d'expatriés, composant une main-d'oeuvre abondante mais à
faibles revenus en provenance d’Inde (près de 1,4 million de
personnes), du Pakistan et du Bangladesh. Seuls 20 % des
habitants sont émiriens, avec un pouvoir d’achat élevé, tout
comme les expatriés des pays arabes voisins et les touristes
aisés. Cette diversité se retrouve dans l’offre et la demande.
Si ce marché est petit en termes de population, il est très
dynamique sur le luxe et le haut de gamme.
Les émiriens accordent une place centrale à l’accessoire de
mode, reflet du niveau social mais également élément de
différenciation du fait du port de la tenue traditionnelle. Les
consommateurs raffolent ainsi de sacs, chaussures, mais
également lunettes, montres et bijoux, avec un choix
s’opérant sous un triptyque : design, marque, prix.
Le marché des articles de maroquinerie concerne
principalement les articles de petite maroquinerie (les portemonnaie,
portefeuilles), les attachés-case, serviettes et cartables.
La bagagerie est de plus en plus demandée dans toutes les
gammes, les habitants des Émirats étant pour la plupart des
habitués des voyages (expatriés, hommes d'affaires).
Si les Émiriens, les arabes et les Indo-pakistanais ne portent ni sacs, ni sacoches, la maroquinerie française réalise sur
place ses meilleures ventes (après les articles de gainerie)
avec : la bagagerie tous matériaux (dont cuir) et le sac à main
tous matériaux (dont cuir). Elle est très bien représentée sur
le haut de gamme-luxe, l’attrait étant très prononcé pour les
marques internationales et notamment françaises.
Si la Chine domine le marché de la chaussure avec plus de
51 % de part de marché, c’est l’Italie qui occupe la seconde
place, la position française étant beaucoup plus marginale. Le
segment moyen de gamme, pourtant dynamique, pourrait
être porteur, en s’appuyant sur l’image de qualité des
produits français et la notoriété de leurs marques.
Haut de page

Reflet de la diversité de la population, la distribution des
accessoires de mode varie en fonction du segment de
marché. Chaque style est susceptible de trouver une clientèle
potentielle, qu’elle soit émirienne, expatriée ou touriste.
Les produits bas et moyen de gamme sont commercialisés via
des importateurs/distributeurs et revendus dans les
hypermarchés et les souks (Karama). Les articles haut de
gamme sont quant à eux diffusés par le biais d’enseignes
spécialisées, magasins de luxe, franchises de marques
internationales et magasins duty free des aéroports. Cette
zone géographique fait la part belle aux “Malls”, des centres
commerciaux géants accueillant des centaines de boutiques
(Ibn Battuta Mall, Bur Juman, Mall of the Emirates, projets Mall
of Arabia et Dubai Mall, …). Pour autant, la sélection du lieu
d’implantation d’une marque doit être minutieusement choisi,
car les zones de chalandises diffèrent. Particularité locale, la
température élevée favorise le regroupement des surfaces de
vente dans des espaces climatisés, à proximité d’installations
de loisirs pouvant accueillir les consommateurs à la journée.
Concernant les magasins de duty free, Abu Dhabi Duty Free
(ADDF) et Dubai Duty Free (DDF) sont les plus importants et
affichent des ventes records, notamment en maroquinerie.
Haut de page

Comme les EAU sont une plaque centrale dans les échanges
Asie/Europe/Proche-Orient, la contrefaçon est un sujet crucial.
Les Émirats sont membres de l’Organisation Mondiale de la
Propriété Intellectuelle (OMPI) depuis 1975 et ils ont rejoint ou
signé de nombreuses conventions et traités. La durée de
protection d’un brevet est de 20 ans et celle d’une marque
(renouvelable sans limite), d’un dessin ou d’un modèle est de
10 ans. Pour autant, la lutte contre la contrefaçon est complexe
du fait de démarches administratives et compétence
juridictionnelle différentes d’un émirat à un autre. L’autorité
compétente restant celle du lieu de l’infraction.
La normalisation internationale et les étiquetages européens
des accessoires de mode sont normalement reconnus dans les
Émirats Arabes Unis.
La langue des affaires aux Émirats Arabes Unis est l'anglais, ce
qui implique une traduction des documentations commerciales
et cartes de visites, qui seront remises à chaque interlocuteur.
Le recours éventuel à un interprète, même pour l’anglais est
recommandé. L’usage de quelques mots arabes et de
connaissances culturelles est toujours apprécié. Un échantillon
de chaque produit proposé est indispensable. Pour traiter avec
des entreprises émiriennes, il est nécessaire que la personne se
déplaçant détienne un certain pouvoir décisionnaire et de
négociation. Un accord oral scelle une discussion
commerciale : la parole donnée est primordiale. Dans les
relations commerciales, il faut veiller, avant la signature d'un
contrat-type, à s'adjoindre les services d'un avocat spécialisé.
La représentation doit être confiée à au moins deux agents : un
pour Abu Dhabi et un autre pour Dubaï, qui pourra intervenir
dans les émirats du nord. Ce choix devra être mûrement
réfléchi, tant il est difficile de rompre une relation d’affaires,
même en s’appuyant sur la base d’éléments contractuels.
Les Émirats Arabes Unis ont un droit de douane général de 5 %
calculé sur la valeur CAF (coût, assurance, fret) des
marchandises importées. Seules les sociétés engagées dans la
production de pétrole et de gaz, la pétrochimie et des activités
de banque de plein exercice sont assujetties à l'impôt sur les
sociétés. Il n'y a pas d'impôts sur le revenu, ni d'impôts fonciers
dans les Émirats Arabes Unis. Cependant, les entreprises
implantées aux EAU dans le cadre d'un investissement direct
doivent appliquer la règle du "partenaire local majoritaire", ce
qui signifie qu'elles versent une partie de leurs bénéfices à un
associé émirien.
Haut de page
|
Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE et de données du FMI,
de la Banque Mondiale et des Douanes. |
Cliquez pour afficher cette page dans un format imprimable
|