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Au cours des vingt dernières années, le marché américain de la chaussure a été marqué par une augmentation très nette de la consommation, et par la chute concomitante de la production sur le territoire national. La perte des emplois industriels laisse ainsi la place à une économie de services, et à des donneurs d’ordres faisant fabriquer hors frontières.
La France est le 9ème partenaire commercial des Etats-Unis, et le 5ème investisseur étranger.
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En 1968, la production américaine de chaussures couvrait 80 % de la consommation, soit 640 millions de paires par an. En 2004, la production de chaussures ne représente plus que 2 % de la consommation locale, soit 44 millions de paires de chaussures. Elle concerne :
- les chaussons : 36 %,
- les chaussures pour femmes : 30 %,
- les chaussures pour hommes : 28 %,
- les chaussures juniors : 5 %,
- autres : 1 %.
Face à la concurrence des pays à faibles coûts de main d’œuvre, la plupart des tanneries et des fabricants de chaussures ou d’articles de maroquinerie ont fermé leurs portes.
Les seules productions affichant des résultats positifs sont celles des chaussures de sécurité et chaussures militaires. En effet, les commandes de l’armée américaine ont dynamisé un secteur pour lequel la loi impose que les fournitures soient fabriquées sur le territoire national.
Toutefois, les sièges sociaux de nombreuses marques d’articles de sport y sont toujours solidement implantés, tout en faisant fabriquer leur production en Asie du sud-est.
La région de Portland accueille le siège de Nike, adidas USA, Columbia Sportswear, ainsi que d’autres marques moins connues. En Californie, se trouve également la marque Patagonia.
En termes de distribution de chaussures, Nike reste le leader mondial : cette activité représente 60% de son chiffre d’affaires de l’année fiscale avril 2005-mai 2006, soit 9 milliards de dollars. L’entreprise emploie directement 26.000 personnes et indirectement 650.000, à travers ses différents sous-traitants dans le monde. Les sous-traitants asiatiques de Nike sont au nombre de 252 en Asie du Nord, et 238 en Asie du Sud, soit un total de 550.000 employés.
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Les Etats-Unis représentent le plus important marché mondial pour le cuir et les articles en cuir.
La consommation de chaussures aux Etats-Unis a nettement augmenté depuis 1978. En effet, elle est passée de 0,8 milliard de paires par an, à 2,2 milliards en 2004.
Malgré une hausse des prix de 10 % en 2004, la consommation est passée de 4 paires par habitant et par an en 2002, à 7,4 paires en 2004.
En 2001, les ventes de chaussures se sont réparties de la manière suivante :
- 52 % de chaussures pour femmes,
- 37 % de chaussures pour hommes,
- 11 % de chaussures pour enfants.
Les prix des chaussures pour femmes sont compris entre : bas de gamme (15 à 30 dollars), moyen de gamme (30 à 245 dollars) et haut de gamme (125 à 2000 dollars).
Les chaussures pour enfants et adolescents sont, pour plus du tiers, des chaussures de sport. Toutefois, le prix moyen n’est que d’une trentaine de dollars par paire.
| Ventes de chaussures par catégorie (en milliards de dollars) |
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2002 |
2003 |
Variation
2002-2003 |
Femmes |
Hommes |
Femmes |
Hommes |
Femmes |
Hommes |
Habillé |
2,8 |
1,6 |
2,7 |
1,5 |
- 5 % |
- 9 % |
Habillé-décontracté |
7,4 |
2,2 |
7,2 |
2 |
- 4 % |
- 7 % |
Décontracté |
2,7 |
1,6 |
3 |
2 |
11 % |
22 % |
Sport-loisirs |
2,3 |
2,6 |
2,2 |
2,7 |
- 1 % |
4 % |
| Source : NPD Fashionworld |
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Les grands magasins (department stores) perdent des parts de marché depuis plusieurs années, au profit des magasins discount. Ces grandes surfaces, qui vendent des chaussures bon marché, sont par exemple : Walmart, K-mart, Target, ou encore TJ Max.
Les magasins indépendants maintiennent leurs positions (Nine West, Aldo Shoes, Jarman, Journeys, Urban outfitters, etc.).
Les magasins spécialisés (specialty stores) sont en général des chaînes de magasins situés dans les centres commerciaux et organisés autour de la vente en self-service. On retrouve par exemple : Payless Shoe, Kinney, Tom Mc Ann, Aerosole, etc.
Enfin, la vente par correspondance a connu, depuis les années 1990, un fort taux de croissance annuel.
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Les Etats-Unis en chiffres
Population : 300 millions d’habitants (2006)
1 euro = 1,29 US$ au 1/02/2007
1 US$ = 0,77 euro au 1/02/2007
Produit Intérieur Brut : 12.760 milliards d’US$
PIB par habitant : 42.000 US$
Taux de croissance du PIB : 3,5 %
Taux d’inflation (moyenne annuelle) : 3,5 % (2004)
Taux de chômage : 4,6 %
Exportations :1.271 milliards d’US$
Importations : 1.997 milliards d’US$
Déficit budgétaire : 1,9 % du PIB
Déficit commercial : 6 % du PIB
Echanges commerciaux avec la France en 2004 :
Exportations françaises : 25 milliards d’euros
Importations françaises : 22,5 milliards d’euros
Source : Ministère des Affaires Etrangères (2005) |
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Le marché américain des articles en cuir est très ouvert, puisque les importations représentent la quasi-totalité de la consommation américaine :
- chaussures (sauf en caoutchouc) : 98 %,
- bagages et sacs à main : 80 %,
- vêtements en cuir : 80 %,
- gants en cuir : 70 %,
- articles de petite maroquinerie : 60 %.
Les importations de chaussures concernent, pour plus de la moitié, des chaussures en cuir.
Depuis 1968, les importations américaines de chaussures sont passées de 20 % de la consommation annuelle (soit 160 millions de paires), à 98 % en 2004 (soit 2,156 milliards de paires).
En 2004, le principal fournisseur de chaussures des Etats-Unis était la Chine, pour plus de 80 % de parts de marché en volume, et 70 % en valeur. Le second fournisseur était le Brésil, situé loin derrière la Chine, avec 4,7 % du marché en volume et 6,7 % en valeur.
En 2003, la France a exporté pour 73,1 millions de dollars de chaussures à destination des Etats-Unis.
On peut opérer une segmentation entre les importations de chaussures de haut et moyen de gamme, en provenance d’Europe (prix moyen par paire supérieur à 20 dollars), et les importations de moyen et bas de gamme, en provenance d’Asie et d’Amérique Latine.
| Les 10 principaux fournisseurs de chaussures des Etats-Unis, en 2002 |
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En millions de paires |
En milliards de dollars |
Prix moyen en dollars |
Chine |
1525,4 |
10,11 |
6,63 |
Brésil |
101,6 |
1,07 |
10,53 |
Indonésie |
73,1 |
0,73 |
9,99 |
Italie |
43,5 |
1,25 |
28,74 |
Thaïlande |
27 |
0,27 |
10 |
Mexique |
26,2 |
0,23 |
8,78 |
Vietnam |
17,5 |
0,22 |
12,57 |
Espagne |
13 |
0,26 |
20 |
Hong Kong |
10,3 |
0,067 |
6,50 |
Taiwan |
10,1 |
0,067 |
6,63 |
| Source : Apparel & Footwear Association |
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Le marché du cuir aux Etats-Unis
Les Etats-Unis exportent environ la moitié de leurs peaux brutes disponibles. Les « Packers », c’est-à-dire les fournisseurs de peaux brutes, ont été durement affectés par la raréfaction des peaux disponibles due à l’épizootie d’ESB d’une part, et par la hausse des prix des carburants (et donc des coûts de transport) d’autre part. Par ailleurs, une rude compétition a lieu avec les autres pays exportateurs de peaux brutes, comme par exemple le Brésil, qui travaille à l’amélioration de la qualité de ses produits depuis plusieurs années.
En 1995, les Etats-Unis exportaient 8,5 millions de peaux brutes vers la Corée du Sud, 3,3 millions vers le Japon, et 1,05 million vers la Chine. En 2002, la demande de la Corée du Sud s’est tassée à 8 millions, tandis que celle de la Chine est passée à 6 millions !
En 2004, les tanneries américaines produisaient à 41 % de leurs capacités, ce qui illustre le déclin de cette industrie sur les dernières décennies. Les principales tanneries encore en activité (Prime Tanning, Irving Tanning) tirent parti de marchés de niche, comme les chaussures militaires ou l’automobile. Une autre stratégie est d’offrir des produits innovants, aux capacités technologiques nettement supérieures à celles des articles à bas coûts.
Le cuir d’alligator américain
L’élevage commercial de l’alligator américain remonte au 19ème siècle. L’absence de réglementation a mené, au début des années 1970, à sa classification comme espèce en voie de disparition. Les programmes de protection et le contrôle des prélèvements d’œufs ont permis d’augmenter la population sauvage de 100.000 à 1,5 million d’animaux en 30 ans, tandis que 500.000 autres animaux vivent dans une soixantaine de fermes d’élevage.
La Louisiane produit annuellement 32.000 à 34.000 peaux d’alligator sauvage et 270.000 à 280.000 peaux d’animaux d’élevage, ce qui représente 85 % de la production américaine.
Cependant, suite aux ouragans Katrina et Rita de 2005, la collecte de peaux d’alligator en 2005 a été inférieure de 3.300 unités par rapport aux prévisions (31.500), surtout du fait du manque de main d’œuvre.
De plus, l’inondation des marais par l’eau de mer a provoqué l’augmentation de la salinité de l’habitat des alligators. Les conséquences en sont une diminution de près de la moitié de la récolte d’œufs de 2006, et donc une nette hausse des prix des cuirs d’alligator américain.
Ces problèmes récents, ajoutés à une pollution récurrente, sont surveillés par le Département de la Faune et la Flore de Louisiane, qui préconise la construction de digues pour protéger les marais et éviter la disparition des animaux dans les prochaines décennies. |
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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE et des revues « World Footwear », « World Leather », « Leather International » et « Leathers ». |
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