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La Colombie, où près de 40 % de la population a moins de 18 ans, est le troisième pays le plus peuplé d’Amérique Latine. Elle affiche de plus une reprise de son économie depuis 2002, avec notamment un flux commercial global en croissance de 23 % en 2004.
La filière cuir, chaussure et maroquinerie est considérée comme l’une des meilleures d’Amérique Latine, en termes de design et de finitions des produits. L’activité du secteur a considérablement baissé depuis le milieu des années 1990, passant de 1 % de la production industrielle du pays, à 0,4 % en 2003. Les causes en sont multiples : récession économique de 1999 et baisse de la demande locale et internationale, chômage supérieur à 14 %, concurrence des pays asiatiques, ou encore contrebande, en particulier de chaussures. |
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Le secteur du cuir, de la chaussure et de la maroquinerie, à l’image de l’industrie colombienne, est constitué principalement de petites et moyennes entreprises. En 2004, elles employaient près de 5000 personnes (essentiellement des femmes), en diminution de 10 % par rapport à 2003.
Parmi ces entreprises, une dizaine seulement emploie plus de 100 personnes, et réalise plus de 50 % de son chiffre d’affaires à l’exportation.
Peu connue, la tannerie colombienne est pourtant solidement implantée, en particulier du fait d’un cheptel important, qui fournit environ trois millions de peaux brutes par an.
Deux tanneries s’arrogent 25 % du marché : Curtiembre Bufalo et Curtidora Itagui.
Six tanneries de taille moyenne occupent 35 % de parts de marché : Camaguay (située à Barranquilla), Marteúche (Cartagena), Curtipieles (Cerrito), Americana de Curtidos, Pieles Cártago et Fagarcía (Cártago). Elles produisent toutes du cuir pour chaussures, à l’exception d’Americana de Curtidos, qui est la seule dans le domaine du cuir pour automobile.
Les 40 % de parts de marché restantes sont partagées entre 500 à 600 petites tanneries.
D’après les autorités colombiennes, environ 2200 fabricants de chaussures produisent autour de 50 millions de paires de chaussures par an. Cependant, l’ampleur du secteur informel est telle qu’on peut estimer le nombre d’unités de production à près de 8000.
Les chaussures produites sont principalement des modèles sportswear, à tige en cuir et à semelle en caoutchouc ou plastique. Toutefois, la production de chaussures à dessus synthétique se développe, du fait de l’amélioration des matériaux imitant le cuir.
L’usage de technologies avancées est directement fonction de la taille des entreprises : les unités de production familiales ont souvent une activité manuelle, tandis que les entreprises plus importantes intègrent les technologies modernes. Cependant, le pays ne compte pas d’usine complètement automatisée. Les machines sont importées d’Italie, d’Allemagne et des Etats-Unis et, plus récemment, du Brésil et de Chine.
L’entreprise la plus importante du secteur de la chaussure est une filiale de Bata : Compania Manufacturera Manisol S.A.
La production est située à : Bogota (28 %), Bucaramanga (19 %), Cali (12 %), Cucuta (10 %), Medellin (8 %), Barranquilla (3 %) et Pereira (3 %).
Les principales entreprises de maroquinerie sont : Nalsani SA, Volare, Our Bag Ltda, Trianon SA, Pecari, Manufacturas Jugar, Velez, El Centauro, Darpiel, Colombian Bags, First Class, Tipiel (qui fabrique également sous licence Ted Lapidus), Mario Hernandez Marroquinera, Mesacé SA.
Le secteur de la chaussure en Colombie, y compris la contrebande
(en nombre de paires) |
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Production |
Importations |
Contrebande |
Exportations |
Consommation apparente |
Population |
Consommation par personne |
1999 |
41.616.874 |
8.220.061 |
35.000.000 |
820.227 |
84.016.708 |
41.539.011 |
2,02 |
2000 |
47.209.754 |
18.327.894 |
22.300.000 |
2.340.562 |
85.497.986 |
42.299.301 |
2,02 |
2001 |
48.813.540 |
53.979.690 |
0 |
3.267.046 |
99.526.184 |
43.070.704 |
2,31 |
2002 |
48.994.150 |
27.065.579 |
26.000.000 |
2.400.269 |
99.659.460 |
43.834.115 |
2,27 |
2003 |
51.512.450 |
20.881.769 |
30.000.000 |
3.157.508 |
99.236.702 |
44.583.577 |
2,23 |
2004 |
53.851.115 |
32.340.053 |
19.000.000 |
4.766.977 |
100.424.191 |
44.325.261 |
2,22 |
| Source : ACICAM [NB : En 2001, il n’y avait pas de contrebande, car la Résolution du Prix Minimum avait légalisé les importations de chaussures.] |
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La Colombie en chiffres
Population : 46 millions d’habitants
1 euro = 2,89 Peso colombien (COP)
Produit Intérieur Brut : 112 milliards d’US$
PIB par habitant : 2434 euros
Taux de croissance du PIB : 3,5 %
Taux d’inflation annuel : 5 %
Dette externe : 36 % du PIB
Solde budgétaire : - 6,2 % du PIB
Solde courant : - 1,8 % du PIB
Investissements directs étrangers reçus : 3 milliards d’US$
Taux d’investissement : 19 % du PIB
Taux d’épargne : 17 % du PIB
Taux de chômage : 14 % (2004)
Exportations : 16,5 milliards d’US$ *
Importations : 16,75 milliards d’US$ *
Déficit de la balance commerciale : 250 millions d’US$ *
Echanges commerciaux avec la France en 2004 :
Exportations françaises : 233 millions d’euros
Importations françaises : 256 millions d’euros
Source : PEE (prévisions 2005 sauf * : 2004) |
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Durant les années 1990, les échanges colombiens de cuirs, chaussures et articles de maroquinerie ont connu des modifications radicales. En effet, en 1991, les exportations de la filière se montaient à 274,3 millions d’US$, pour des importations de 9,4 millions d’US$.
En 2002, ces chiffres sont passés à 162,4 millions d’US$ pour les exportations, en baisse de 41 %, pour des importations de 107 millions d’US$, en hausse de 1030 % !
Le rapport entre exportations et importations est donc tombé de 29 à 1,5 en 11 ans, avec le déclin des exportations et l’explosion des importations.
Le secteur le plus touché est la chaussure, avec des exportations en baisse de 107 millions d’US$ à 27 millions d’US$ en 2002 (- 74,7 %), tandis que les importations ont augmenté de 2,1 millions d’US$ à 75 millions d’US$ (+ 3.471 %) !
Quant aux articles de maroquinerie, les exportations ont diminué de 134 millions d’US$ à 46,9 millions d’US$ (- 65 %), et les importations ont progressé de 1,5 millions d’US$ à 22,3 millions d’US$ (+ 1.387 %).
Les exportations de chaussures et d’articles de maroquinerie ont encore progressé en 2003, en particulier vers l’Equateur, les Etats-Unis, le Mexique et le Pérou. Toutefois, si les volumes augmentent, les prix à l’unité baissent. C’est particulièrement apparent pour la maroquinerie, avec une hausse en volume de 30 %, mais une baisse de 11,5 % en valeur.
Enfin, le secteur de la tannerie a vu ses exportations évoluer de 32,9 millions d’US$ à 88,4 millions d’US$ (+ 169 %) et ses importations de 5,7 millions d’US$ à 10,6 millions d’US$ (+ 86 %). Cependant, le secteur est passé d’une production de cuir fini pour les industries locales à des exportations de cuirs wet-blue.
Pour le 1er semestre 2004, les exportations colombiennes de cuirs se sont élevées à 80 millions d’US$. Elles sont à destination de la Communauté Andine (Bolivie, Equateur, Pérou et Vénézuela), des Etats-Unis et de Hong Kong.
Pour la même période, les importations ont représenté 14 millions d’US$, soit près de six fois moins que les exportations. Elles proviennent principalement du Brésil et des pays asiatiques et sont libres. Il est néanmoins nécessaire d’obtenir l’enregistrement auprès du Ministère du Commerce extérieur, et d’acquitter des droits de douane allant de 5 à 20 %.
Toutefois, une résolution et un décret du Ministère des Finances et du Crédit public, parus en décembre 2005, encadrent étroitement les importations en provenance de la République du Panama et de la République Populaire de Chine. En effet, ce sont les plus susceptibles de générer de la contrebande, qui représente un sérieux problème pour l’industrie locale, et paraît être un moyen de blanchir l’argent lié au trafic de drogue.
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On estime qu’un tiers seulement des 46 millions de Colombiens a accès aux biens de consommation courants.
Le consommateur colombien est très attentif à la marque, en particulier concernant les vêtements, chaussures et articles de maroquinerie. De plus, il est particulièrement attaché à la notion d’élégance, et prêt à investir dans des articles permettant de se différencier.
Les produits français jouissent donc d’une image positive, même s’ils sont relativement peu présents. On note toutefois l’implantation d’une boutique Louis Vuitton à Bogota, ainsi que des sociétés Lancel et Ted Lapidus.
L’ACICAM (Association Colombienne des industries du cuir, de la chaussure et de la maroquinerie) évalue la consommation de chaussures en Colombie à environ 100 millions de paires par an, soit 2,2 paires par habitant et par an.
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Le marché colombien de la chaussure et de la maroquinerie présente la particularité d’être divisé en un circuit de distribution informel, à travers les centres commerciaux (ou San Andresitos, qui commercialisent en particulier des chaussures de sport de marques internationales) et un circuit formel concernant 80 % du marché.
Selon l’Acicam (Association colombienne des industries de la chaussure et du cuir), environ un tiers des chaussures vendues dans le pays (soit 30 millions de paires) sont entrées en contrebande dans le pays, en provenance de l’Equateur (50 %), de la Chine (10 %), du Brésil (10 %) et de Hong Kong (10 %).
En parallèle, le circuit formel est composé de :
- fabricants locaux possédant leur propre réseau de boutiques, pour des produits en général d’excellente qualité,
- boutiques (Louis Vuitton, Bally, etc.),
- grandes surfaces et hypermarchés (Carrefour, Almaneces Exito, Iserra, Casa Estrella).
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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE de l’ACICAM et des revues "World Leather" et "Leather". |
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