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Drapeau suisse Le marché de la Chaussure en Suisse - Mai 2006
 Sommaire :
 

Un des moteurs de l’économie suisse, dont la croissance est plus soutenue que celle de l’Union Européenne, est la demande intérieure : la consommation privée est en reprise, tandis que les investissements restent dynamiques.

La Suisse est le huitième client de la France (3,1 % des exportations), son dixième fournisseur (2,3 % des importations) et le quatrième excédent commercial en 2004 (2,3 milliards d’euros).


Parallèlement, la France est le second client de la Suisse et son troisième fournisseur, derrière l’Allemagne et l’Italie.


La fabrication de chaussures en Suisse est passée du stade artisanal au stade industriel au milieu du 19ème siècle, en particulier grâce à l’impulsion donnée par Karl Franz Bally (1821-1899).
Ce Suisse d’origine autrichienne a en effet installé une fabrique dans un village du canton de Soleure, Schönenwerd, et s’est inspiré des méthodes d’organisation américaines, notamment de l’utilisation de machines et de la division du travail, pour accroître la productivité de ses usines.
L’entreprise Bally est ainsi devenue rapidement l’un des leaders mondiaux de l’industrie de la chaussure.

En 1998, les fabricants suisses de chaussures étaient encore au nombre de 20 ; ils ne sont actuellement plus que 10. Les deux principaux sont Bally et Navyboot.
Entreprise historique de l’industrie suisse de la chaussure, Bally est implantée à Caslano (Canton du Tessin), où se situe son siège social, ainsi que 80 % de sa production. Les 20 % restants sont fabriqués en Italie. La société américaine Texas Pacific Group, qui est propriétaire du groupe depuis 1998, a mené une sévère politique de restructuration : le nombre d’enseignes est passé de 40 à 10 en Suisse, et de 310 à 210 dans le monde.

Quant à elle, Navyboot a été créée au début des années 1990, et produit 150.000 paires de chaussures par an, pour un chiffre d’affaires global de 40 millions de CHF en 2004. La moitié est fabriquée par la société Benelli, dans le Tessin, le reste provenant d’Italie.

Du fait de l’importation massive de chaussures en provenance des pays à bas salaires, l’industrie suisse de la chaussure est en déclin continu depuis les années 1970.
Depuis une dizaine d’années, les effectifs baissent d’environ 10 % par an. En 1994, la production était de 3,79 millions de paires, pour des effectifs de 2300 personnes.
La production est surtout effectuée dans le Tessin : l’industrie profite des bas salaires des frontaliers, ceux-ci représentant un tiers de la main-d’œuvre qualifiée.
En 2000, les ventes de chaussures se sont élevées à 40 millions de paires. Pour l’année 2005, elles devraient représenter environ 2,15 milliards de CHF, en légère augmentation.

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Tendances du commerce extérieur

Les besoins du marché suisse de la chaussure sont couverts à 90 % par les importations. En 2004, les principaux fournisseurs de la Suisse, qui totalisent les deux-tiers des importations, étaient l’Italie (40 %), l’Allemagne (21 %) et la France (5 %). Cette position dominante s’explique par les facilités de communication et la rapidité des transports.

La chaussure italienne est particulièrement renommée en Suisse, en termes de qualité et de mode. Les marques italiennes diffusées en Suisse sont notamment Ferragamo, Bruno Magli, Prada ou Todds. D’autres marques européennes populaires sont : Charles Jourdan, Clarks, Church, Doc Martens, Lloyd, Boss, Salamander, Sioux, Gabor, Hoegl, Servas, Romika, Rohde et Mephisto.

Les importations d’Asie de l’Est ne représentent encore que 20 % du total. Cependant, la montée en puissance de la Chine est estimée à une augmentation de 180 % pour 2005, ce qui va la positionner en troisième position en valeur, devant la France, et en deuxième position en volume.

Entre 2000 et 2004, les importations suisses de chaussures, tout comme les exportations, ont augmenté de 30 % en valeur.

Commerce extérieur de chaussures en Suisse, de 2000 à 2004
(en milliers de dollars)

 

2000

2001

2002

2003

2004

Importations

633 694

693 658

696 553

790 422

856 802

Exportations

86 727

137 090

117 845

115 863

117 700

Source : International Trade Centre

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Chiffres clés

Population : 7,4 millions d’habitants
1 euro = 1,57 Franc Suisse (CHF)
Produit Intérieur Brut : 289 milliards d’euros
PIB par habitant : 39 054 euros
Taux de croissance du PIB : 1,9 %
Taux d’inflation annuel : 1,2 %
Solde du compte financier : - 0,1 milliard de CHF
Dette publique consolidée : 55,6 % du PIB
Dépenses publiques : 31,4 % du PIB
Recettes fiscales : 30 % du PIB
Solde budgétaire : - 1,4 % du PIB
Taux de chômage : 3,7 % (octobre 2005)
Exportations : 141,3 milliards de CHF *
Importations : 132 milliards de CHF *
Solde de la balance commerciale : 9,3 milliards de CHF *
Echanges commerciaux avec la France en 2004 :
Exportations françaises : 10,2 milliards d’euros
Importations françaises :7,9 milliards d’euros

Source : PEE (prévisions 2004 sauf * : 2003)

La Suisse en chiffres

Chateau de Neuschwanstein

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Consommation

Le consommateur suisse achète en moyenne 5,4 paires de chaussures par an, contre 5,9 en 1994, soit un léger tassement des achats.

Pour 2004, sur les 40 millions de paires achetées, la répartition est la suivante :

  • 25 millions de paires de chaussures pour femmes,
  • 12 millions de paires pour hommes,
  • 3 millions de paires pour enfants.

Entre 2000 et 2004, les ventes de chaussures de sport ont augmenté de plus de 30 % en valeur, pour atteindre 400 millions de CHF. La progression devrait se poursuivre en 2005, avec un taux de 2 à 3 %.

Les volumes se montent à plus de 10 % du marché : 4,2 millions de paires en 2004, en hausse de 17 % (soit l’augmentation la plus importante de ces dix dernières années).

Dans ce domaine, les marques américaines comme Nike, Reebok ou LA Gear détiennent 25 % des ventes.

Le marché est dopé par le port quotidien de chaussures de sport, qui se généralise en Suisse comme ailleurs. De plus, l’engouement d’un tiers des consommateurs pour la marche, notamment le "nordic walking", est justifié par les 56.000 km de sentiers balisés sur le territoire.

Les ventes de chaussures de sport sont de plus en plus le fait des chaînes spécialisées comme Charles Vögele ou Dosenbach, le prix pouvant être divisé par deux, en comparaison avec les magasins de sport.


Si la Suisse, dont le PIB par habitant est l’un des plus élevés au monde, reste un marché porteur pour le haut de gamme, les prix n’en sont pas moins tirés à la baisse. En effet, le consommateur suisse, de même que son voisin allemand, est très sensible à l’offre du "hard discount". En conséquence, pour 80 % des chaussures vendues, le prix est inférieur à 90 CHF (soit 57 euros).

En comparaison, pour les chaussures de sport, c’est le prix moyen qui s’établit autour de 90-95 CHF.

Il est à noter quelques différences de consommation selon la région de Suisse concernée :

  • la Suisse alémanique, qui représente 80 % de la demande, est un marché très influencé par l’Allemagne, et est en particulier très attentif à la notion de confort.
  • la Suisse romande représente 20 % du marché, essentiellement avec les agglomérations de Lausanne et Genève, et est très proche des habitudes françaises.
  • La Suisse tessinoise, quant à elle, représente moins de 10 % du marché et est à rapprocher de l’Italie.

Les produits français sont à la fois présents dans le moyen et haut de gamme, avec les marques Mephisto, JM Weston ou Charles Jourdan (récemment repris par un investisseur suisse, le groupe Avendis capital), et dans le "discount" avec le groupe La Halle

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Distribution

En 2004, la distribution de chaussures est répartie dans 1500 points de vente. Un fort phénomène de concentration place 45 % du marché dans les mains des cinq leaders : Charles Vögele, Dosenbach-Ochsner, Migros, Bata et La Halle, qui totalisent plus de 680 points de vente.

De plus, la chaîne Charles Vögele intégrera les 12 filiales de la société Maikler AG (qui distribue sous la marque Botty), dans le courant de l’année 2006, ainsi que la majorité des magasins de la société Chaussures Gillon-Rey SA (sur Lausanne et sa région).

Les autres distributeurs importants sont Pasito (20 points de vente), Reno Schuhe (27 PDV) et Get-in (28 PDV), tandis que les fabricants de haut de gamme Navyboot et Bally détiennent, respectivement, 35 et 10 points de vente.

Parallèlement à ces regroupements, les commerces indépendants (un à quatre magasins) représentent toujours 35 % du marché, en particulier auprès de la clientèle des plus de 45 ans.

Les principaux acteurs de la distribution de chaussures en Suisse, en 2004

Enseigne

CA (millions de CHF)

Nbre de points de vente

Charles Vögele

370

274

Dosenbach-Ochsner

320

210

Migros

80

90

Bata

75

62

La Halle

44

45

Source : PEE

 

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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE, du Dictionnaire historique de la Suisse, de l’Office fédéral de la statistique et du Centre du Commerce International.


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