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La filière cuir au Mexique
Octobre 2005
 Sommaire :
 

Premier exportateur et importateur d'Amérique Latine, le Mexique est également le second débouché français de la région, après le Brésil.

L'économie mexicaine, largement tournée vers l'export de biens de consommation, est fortement tributaire des Etats-Unis, qui représentent son principal débouché (87 % du total des exportations).

Le pays bénéficie en outre d'une solide tradition dans le domaine de la chaussure, en particulier de la chaussure en cuir, ce qui lui permet, pour l'instant, de résister sur son marché face aux fabricants du sud-est asiatique.


Organisation du marché

En 2003, le cheptel mexicain s'élevait à près de 64 millions de têtes, dont la moitié de bovins, ce qui fait du Mexique l'un des dix plus gros producteurs de peaux brutes, avec une tradition bien établie dans les domaines du cuir et de la chaussure.
Cependant, seulement 4 % de la production mondiale est tannée au Mexique. Malgré une récente augmentation, elle reste insuffisante aussi bien en quantité qu'en qualité.
Les tanneurs mexicains sont actuellement dans une démarche de spécialisation sur deux ou trois marchés, et de diversification par rapport à la chaussure. Ils devront également maintenir de fortes contraintes environnementales.

Au Mexique, l'industrie de la chaussure et de la maroquinerie représente 1,6 % du PIB manufacturier, dont 1 % pour la chaussure et 0,6 % pour la maroquinerie.
Par ailleurs, les articles en cuir participent pour 14 % au secteur Textile-Habillement-Cuir.

L'industrie de la chaussure est essentiellement composée de petites structures : environ 4000 entreprises, qui génèrent plus de 100.000 emplois directs, sont réparties en :

  • 6 % de grandes entreprises,
  • 10 % d'entreprises moyennes,
  • 22 % de petites entreprises,
  • 62 % de micro-entreprises.

La répartition géographique consacre l'Etat de Guanajuato, avec 60 % des entreprises, puis celui de Jalisco (18 %), Mexico et son agglomération (12 %). Les 10 % restants sont situés dans divers Etats, dont Veracruz et le Yucatán.

La production de chaussures représente une capacité annuelle de 300 millions de paires. Elle s'est élevée, en 2004, à 240 millions de paires, contre 200 millions en 2001, et 220 millions en 2000.
On note une baisse de la production de chaussures en toile et semelles en caoutchouc ou synthétiques, au profit des articles en cuir. En effet, la concurrence asiatique contraint les fabricants mexicains à se détourner des produits de très bas de gamme. L'industrie mexicaine est très compétitive sur le segment des chaussures de ville de moyen et haut de gamme.
Afin de continuer à contrôler le marché domestique, le credo des fabricants est donc de produire rapidement des articles à la mode et de bonne qualité. Leurs atouts sont la flexibilité, ainsi que l'accent mis sur le développement de nouveaux produits et l'innovation.
Pourtant, selon un important producteur, la survie de l'industrie locale passera nécessairement par un regroupement des micro-entreprises.

En ce qui concerne la maroquinerie, elle est généralement produite par les fabricants de chaussures, à l'exception de marques haut de gamme telles que Casa Ariès ou Hickok.
En outre, une grande partie de la production concerne des produits artisanaux destinés aux touristes.

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Consommation

La consommation des Mexicains est d'environ 1,9 paires de chaussures par habitant et par an, avec un prix moyen de 30 US$ par paire.

Le pouvoir d'achat de la population mexicaine est très hétérogène : sur les 106 millions d'habitants, seulement 20 % peut avoir accès à des produits importés : 2 % perçoit un revenu mensuel compris entre 11.500 et 50.000 US$, tandis que pour 18 % il est compris entre 1.200 et 11.500 US$. Le reste de la population se fournit en produits bas de gamme.

Les articles demandés sont surtout des chaussures à la mode, ce critère primant sur la qualité et le confort pour les jeunes générations mexicaines (61 % de la population a moins de 30 ans).

De plus, si les habitants de Mexico suivent le rythme des modes et des saisons, le climat des régions côtières induit, pour les femmes, le port de sandales tout au long de l'année.

Concernant la maroquinerie, la demande de bas et moyen de gamme vise surtout les produits de base : sacs, ceintures et petite maroquinerie. En revanche, les marques haut de gamme telles que Hermès, Louis Vuitton, Cartier ou Fendi connaissent des chiffres de ventes dynamiques.

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Tendances du commerce extérieur

Si le Mexique est toujours tributaire des Etats-Unis comme débouché principal pour ses exportations, il est toutefois mis en danger par les pays asiatiques, et détrôné de sa place traditionnelle de principal fournisseur.
Les estimations tablent sur une augmentation des importations de chaussures, au détriment de la production locale, au cours des prochaines années.

Les importations de cuir ont représenté 1 milliard d'US$ en 2004. Les principaux pays fournisseurs sont les Etats-Unis (68,3 %) puis l'Italie (9 %), l'Argentine (8,7 %), l'Australie (2,7 %) et le Brésil (2,6 %).
Les exportations mexicaines de cuir, qui concernent environ 30 millions de paires de chaussures par an, se portent à 225 millions d'US$ pour 2004, avec les Etats-Unis comme client quasi unique (95 %).

Les importations de chaussures ont représenté 391,5 millions d'US$ en 2004, en baisse de 2,25 % par rapport à 2003. Elles proviennent à près de 40 % des pays de l'Asie du Sud-Est, et se décomposent comme suit : Vietnam (22,9 %), Brésil (19,6 %), Espagne (8,9 %), Chine (8,6 %), Etats-Unis (8,1 %), Indonésie (7,9 %) et Italie (5,9 %).
Les exportations mexicaines de chaussures, en baisse constante depuis 1997 (476 millions d'US$), sont passées à 405 millions d'US$ en 2000, pour tomber à 290,4 millions d'US$ en 2004. Elles sont dirigées à 94 % vers les Etats-Unis.
Toutefois, du fait des taux de change et de l'expansion de l'Union Européenne, certains fabricants mexicains commencent à considérer l'exportation vers les pays d'Europe, et le développement de produits en phase avec les attentes du " Vieux Continent ", comme par exemple le cousu main.

Les importations d'articles de maroquinerie tels que sacs, portefeuilles et porte-documents se sont élevées à 235,4 millions d'US$ en 2004, contre 221,8 millions d'US$ en 2003. Les principaux fournisseurs sont la Chine (63,4 %), puis les Etats-Unis (16,8 %), la France (4 %), l'Espagne (2,8 %) et l'Italie (2,7 %).
Les exportations, en baisse, étaient de 96,8 millions d'US$ en 2004, dont 94,4 % en direction des Etats-Unis.

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Chiffres clés

Le Mexique en chiffres

Population : 106,2 millions d'habitants
Produit Intérieur Brut : 685,2 milliards d'US$
PIB par habitant : 6.451 US$
Taux de croissance du PIB : 3,1 %
1 Peso mexicain (MXN) = 0,08 euros
Taux d'inflation (moyenne annuelle) : 5,1
Solde budgétaire : - 0,4 % du PIB
Solde courant : - 1,6 % du PIB
Exportations : 189 milliards d'US$ (2004)*
Importations : 197 milliards d'US$ (2004)*
Solde de la balance commerciale : - 8 milliards d'US$ (2004)*
Echanges commerciaux avec la France en 2003 :
Exportations françaises : 1,385 million d'euros *
Importations françaises : 0,609 million d'euros *



Source : PEE (prévisions 2005 sauf *)

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Distribution

Les chaussures et articles de maroquinerie importés sont distribués dans quelques magasins haut de gamme, ainsi que dans des "corners" de grands magasins.
Selon une étude menée par le CICEG, les circuits de distribution de la chaussure se répartissent comme suit : magasins spécialisés (48 %), vente par correspondance (17 %), marchés de rue (9 %), grands magasins (8 %), magasins discount (7 %), magasins de sport (3 %).
Les circuits de distribution de la maroquinerie sont sensiblement similaires, mis à par les magasins de sport.

Le marché informel est estimé à environ 20 %. Chaque année, entre 25 millions et 35 millions de paires de chaussures de sport d'origine chinoise entreraient illégalement au Mexique. Les origines en sont diverses : contrebande, marché parallèle légal (distributeurs non autorisés) et illégal (importation de marchandises sous-facturées), et vol.

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Tendances du commerce extérieur

Les droits de douane concernant les articles de maroquinerie et la chaussure en provenance de l'Union Européenne sont de 4 % depuis le 1er janvier 2005. Ils seront ramenés à 3 % au 1er janvier 2006, puis à 0 % au 1er janvier 2007.

Les échanges entre pays de l'ALENA (Canada, Etats-Unis et Mexique) sont exemptés de droits de douane depuis le 1er janvier 2003, si bien qu'une implantation mexicaine facilite l'accès au marché nord-américain.
La TVA mexicaine (IVA) se monte à 15 %.

Les produits européens sont soumis à la norme officielle NOM-020-SCFI-1997 (textes disponibles sur le site du Ministère mexicain de l'Economie). Selon cette norme très stricte, les étiquettes doivent impérativement être rédigées en espagnol, et comporter la composition du produit.

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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE, du CICEG et de la revue "World Leather".


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