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La filière cuir, installée en Afrique du Sud depuis le début du 19ème siècle, a rapidement permis de développer une industrie de la chaussure.
Celle-ci, en déclin depuis une quinzaine d'années et fortement concurrencée par les importations, tend à évoluer vers la dissociation entre une production de qualité pour l'export et une production bas de gamme pour le marché local.
En revanche, l'industrie du cuir est en plein développement, du fait d'une spécialisation dans le cuir automobile, pour lequel la demande internationale affiche une croissance remarquable.
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L'industrie de la chaussure d'Afrique du Sud est forte d'une histoire de près de deux siècles, puisque l'on comptait déjà 8 fabricants en 1820.
Elle regroupe actuellement environ 70 entreprises, dont 50 sont affiliées à l'Association d'Afrique Australe des Industries de la Chaussure et du Cuir (Southern African Footwear and Leather Industries Association, SAFLIA).
Parallèlement à cette industrie, un secteur informel indénombrable est constitué de petites structures produisant des chaussures bas de gamme pour le marché local.
L'industrie sud-africaine a vu sa production de chaussures baisser de plus de 40 % en dix ans. En effet, elle a subi la concurrence des importations asiatiques au même titre que les autres pays industrialisés. De plus, l'arrivée au pouvoir du Congrès National Africain en 1994 a entraîné la libéralisation du commerce en Afrique du Sud.
En constante diminution depuis 1990, où elle atteignait les 55000 paires, la production de chaussures d'Afrique du Sud n'est plus que de 18,7 millions de paires en 2003, soit 15 % de moins par rapport aux chiffres de 2002.
Les emplois directs de l'industrie de la chaussure locale représentaient 8000 personnes en 2003. La contribution au Produit Intérieur Brut du pays est inférieure à 0,1 %.
La principale région de production est la province du Kwazulu-Natal, avec les villes de Durban, Pinetown et Pietermaritzburg. Elle a fourni 60 % de la production en 2003.
Vient ensuite la province du Western Cape, qui produit 20 % des chaussures sud-africaines.
Les 20 % restant sont concentrés dans les provinces de l'Eastern Cape et du Limpopo.
La production se répartit entre les différentes catégories de chaussures de la manière suivante :
- 45 % de chaussures pour homme,
- 34 % de chaussures pour femme,
- 16 % de chaussures pour enfant,
- 5 % autres.
Les fabricants sud-africains de chaussures les plus connus sont les entreprises Jordan Shoes (qui emploie plus de 900 personnes), Michelle Footwear (avec sa marque Froggie), Andreoli Shoes (style italien), Tsonga (chaussures femme) et Grasshoppers (chaussures homme de loisir).
Certaines gammes de marques telles que Nike ou Bata sont également fabriquées localement.
D'après certains observateurs de l'industrie sud-africaine de la chaussure, il semblerait que l'évolution des prochaines années mène les fabricants les plus anciens et les plus stables financièrement à exporter la majeure partie de leur production. A l'inverse, les entreprises les plus récentes, dont beaucoup ne sont pas enregistrées, vendraient sur le marché local, marqué par la compétition sur les prix.
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La consommation de chaussures en Afrique du Sud était estimée à plus de 100 millions de paires par an, à la fin des années 1990.
En 2003, les chiffres de la consommation dépassaient le milliard d'euro, en augmentation de près de 20 % par rapport à 2002.
La consommation se trouve actuellement dans un contexte économique très favorable : outre de faibles taux d'intérêt et un bon indice de confiance des ménages, son taux de croissance s'est élevé à 5,6 % au dernier trimestre 2004.
De plus, au cours des trois dernières années, la classe moyenne s'est élargie de manière importante : 0,8 millions de consommateurs sont venues étoffer une catégorie déjà forte de 9 millions de personnes. Ces nouveaux consommateurs sont par ailleurs connaisseurs en matière de chaussures, et sont prêts à les acheter à crédit, principe assez répandu en Afrique du Sud.
En matière de tendances, les femmes privilégient les chaussures ouvertes, qu'elles portent parfois même en hiver. Quant aux hommes, les styles sont sensiblement les mêmes qu'en Europe.
Si les produits de basse et moyenne gamme sont très demandés, il existe néanmoins une demande d'articles de haut de gamme, voire de luxe.
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L'Afrique du Sud en chiffres
Population : 46,3 millions d'habitants
1 euro = 8 Rand sud-africain (ZAR - en mars 2005)
Produit Intérieur Brut : 212,5 milliards d'US$
PIB par habitant : 4590 US$
Taux de croissance du PIB : 3,8 %
Taux d'inflation : 4,4 %
Solde budgétaire : - 2,7 % du PIB
Taux de chômage : 28 % * (décembre 2003)
Solde courant : - 2,5 % du PIB
Dette externe : 12,7 % du PIB
Exportations : 36,2 milliards d'US$ * (2003)
Importations : 33,8 milliards d' US$ * (2003)
Solde de la balance commerciale : 2,4 milliards d' US$ *(2003)
Echanges commerciaux avec la France en 2002 :
Exportations françaises : 1,3 milliards d'€ *
Importations françaises : 0,9 milliards d'€ *
Source : PEE (prévisions 2004, sauf *)
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La grande distribution, incontournable dans le secteur de la chaussure sud-africaine, monopoliserait 80 % des ventes.
Le groupe Edcon, sans doute le plus important, contrôle à la fois :
- des enseignes spécialisées : Abc shoes, progressivement remplacées par les magasins Prato,
- des enseignes générales d'habillement : Edgars et Jet Stores.
On trouve également une partie chaussure chez les autres grands groupes sud-africains de l'habillement : Woolworths, Truthworths, Pepkor, et les discounters tels que Metcash ou Massmart. Quant au domaine des chaussures de sport, on y trouve le groupe Foschini et ses enseignes TotalSports et Sport Scene.
Le centre commercial de Johannesburg, Oriental Plaza, présente une offre très importante de chaussures de différentes gammes, à des prix extrêmement concurrentiels, tandis que la galerie commerciale Sandton City se place sur le segment des chaussures haut de gamme et de luxe.
Néanmoins, quelques distributeurs indépendants ont réussi à se faire une place à côté des grands groupes. Il s'agit notamment de Shoe Crazy (93 magasins en Afrique Australe sous les enseignes Shoe Crazy, Miller Shoes, Versani et Discount Shoe World) et Kingsmead Shoes, qui distribuent des produits bon marché.
Le groupe Rage diffuse dans ses boutiques des chaussures importées, parmi les modèles les plus à la pointe de la mode. Le groupe Spitz commercialise des marques étrangères (Prada, DKNY, Lacoste) dans ses 22 boutiques haut de gamme.
Certaines marques internationales sont également implantées, comme Bally, Nine West (8 magasins), San Marina (9 magasins), Camper, Sketchers, etc.
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Exportations
L'Afrique du Sud exportait 3 millions de paires de chaussures en 1994, puis 4 millions en 1995, avant de retomber à 2 millions en 1997 et à peine plus d'un million en 2000.
Les exportations de chaussures se montaient, en 2003, à 1,7 million de paires, soit une baisse de 16 points par rapport à 2002, malgré le programme de développement des exportations lancé par le Département du Commerce et de l'Industrie.
Le principal client de l'Afrique du Sud, en 2003, était le Royaume-Uni, à hauteur de 25 % des exportations de chaussures.
Près de 30 % des exportations étaient dirigées vers les pays voisins de l'Afrique du Sud : Mozambique, Zambie, Malawi et Angola.
La France a quant à elle acquis 5 % des exportations, soit 33500 paires de chaussures.
Le déficit commercial de l'industrie sud-africaine de la chaussure atteindrait 247 millions d'US$ en 2003.
Importations
Les importations de chaussures par l'Afrique du Sud sont passées d'environ 35 millions de paires en 1994, à plus de 65 millions en 1995. Elles sont ensuite progressivement redescendues en-dessous de 30 millions de paires en 1998, pour remonter à 50 millions en 2000 et 60 millions en 2002.
D'après les chiffres de SAFLIA, l'Afrique du Sud a importé plus de 90 millions de paires de chaussures en 2003, pour une valeur de 263 millions d'US$, soit une augmentation de 45 % par rapport à 2002.
Parmi ces importations, 72 % proviennent de Chine, et 20 % d'autres pays asiatiques.
Le Brésil, qui se place parmi les dix premiers fournisseurs d'Afrique du Sud, ne détient qu'1,8 % de parts de marché.
La France est à la treizième place, avec 0,3 % de parts de marché, et des ventes de 50 000 paires.
Une explication à cette forte augmentation des importations est que la production locale n'ayant jamais été axée sur les chaussures de sport (autre que de football), elle n'a pas pu faire face à la demande lorsque la mode s'est orientée dans cette direction.
Un accord de libre-échange a été signé avec l'Union Européenne fin 1999, ce qui a permis de mettre en place un échéancier de baisse des droits de douane appliqués aux produits européens jusqu'en 2012. Les droits de douane applicables en 2004 sur les chaussures en provenance de l'Union Européenne étaient de 26 % ; il devraient s'établir à 20 % en 2009.
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L'industrie du cuir en Afrique du Sud
Malgré des difficultés à suivre une demande en constante progression, en termes de qualité et de quantité, environ 80 % du cuir (1,8 million de peaux sur un total de 2,2 millions) produit par l'Afrique du Sud est destiné à l'industrie automobile, en lien avec la présence dans le pays d'usines de constructeurs tels que BMW ou DaimlerChrysler. Par ailleurs, Mercedes et Audi achètent également d'importantes quantité de cuir sud-africain pour leur sellerie automobile.
Les 20 % restant de la production de cuir servent à l'industrie de la chaussure et, dans une moindre mesure, à la fabrication d'articles de maroquinerie.
L'Afrique du Sud est également connue pour ses cuirs exotiques, en particulier le cuir d'autruche. Ce marché, en pleine croissance, est amené à jouer un rôle de plus en plus important dans le secteur du cuir.
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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE et des revues World Footwear, World Leather, Leather Manufacturer et Leathers.
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