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Le marché de la chaussure et
de la maroquinerie au Japon
Novembre 2004
 Sommaire :
 

Sur les marchés de la chaussure et de la maroquinerie, le Japon se trouve dans une position comparable à celle des pays occidentaux : l'omniprésence de la Chine dans la fabrication de produits à bas prix, positionnée à la fois comme concurrent et comme fournisseur, a largement contribué à la chute de la production locale et à la faillite des exportations.
Toutefois, le pays, qui demeure la seconde puissance financière mondiale, connaît un retour à la croissance et un assainissement de l'économie propices à l'ouverture aux investissements étrangers et aux importations. Malgré la hausse de l'euro, le Japon est en effet devenu le premier débouché en Asie pour les produits français, en particulier ceux de haut de gamme, synonymes de marque et de qualité.


La Chaussure

Autrefois l'un des premiers " dragons asiatiques ", le Japon n'est plus aujourd'hui en mesure de produire et d'exporter des chaussures à bas prix, du fait de la hausse des coûts du travail.
Le marché intérieur est donc le débouché unique de la production de chaussures japonaises. Toutefois, celle-ci est descendue en-dessous des 120 millions de paires et représente, en volume, moins du quart des produits consommés.

Largement approvisionné par la Chine pour les produits à faible valeur ajoutée, le Japon ne cède cependant pas sur les chaussures en cuir, sur lesquelles les industriels estiment que leur expertise et leur expérience priment. Un marché de niche est celui des chaussures de golf, sport hautement apprécié par les Japonais.
De nombreuses entreprises, notamment de chaussures de sport (Mizuno, Asics), ont délocalisé tout ou partie de leur production vers les pays asiatiques voisins.
Un certain nombre de fabricants de chaussures (Regal Corporation, Achilles, Moonstar Standard Shoe, Otsuka, etc.) sont associés ou en contact avec des entreprises occidentales, ce qui permet à ces dernières d'infiltrer le marché japonais. A titre d'exemple, on peut citer la société Achille, liée à Bata et Ecco.

Les principales zones de production sont Tokyo et la région d'Osaka et Kobe, qui regroupe de nombreux fabricants de chaussures de mode ou de sport (Mizuno et Asics, en particulier).
En outre, la distribution et les entreprises d'importations sont majoritairement situées à Tokyo.

Production et importation de chaussures au Japon entre 2000 et 2002 (en millions de paires)
  2000 2001 2002
production importation production importation production importation
TOTAL 144,976 460,653 133,572 467,238 116,253 471,219
- dont chaussures en cuir 53,670 28,581 48,731 31,632 41,828 34,429
- dont sandales 32,759 69,862 28,460 66,038 26,192 63,274
Source : All Nippon Footwear Federation


Consommation

En 2002, les Japonais ont acheté pour environ 1450 milliards de yens de chaussures (soit 11,6 milliards d'euros). La consommation moyenne est de 4 à 5 paires par habitant et par an.

Il semble que les Japonais ayant la possibilité de voyager à l'étranger préfèrent les marques globales, tandis que la majorité de la population, plus sédentaire, reste fidèle à l'esprit "acheter Japonais".
Avec les difficultés économiques des dernières années, les consommateurs sont devenus plus attentifs au facteur prix, ce qui peut désavantager les produits français par rapport à leurs concurrents italiens ou anglais.


Distribution

Le système de distribution traditionnel japonais est articulé autour d'un grand nombre de petits détaillants, d'une distribution contrôlée par les fabricants et de l'intervention des grossistes aux différentes phases de la distribution.
Cependant, ce système est aujourd'hui remis en question par l'apparition des grandes surfaces, des discounters et de distributeurs étrangers, ainsi que par le développement de nouveaux comportements de consommation.

Les magasins spécialisés réalisent toujours la moitié des ventes (718 milliards de yens en 2002, soit 5,9 milliards d'euros), malgré le recul de leur chiffre d'affaires de 14 % entre 1999 et 2002. Accusant une baisse continue depuis le milieu des années 1980, leur nombre se portait à 14798 en 2002, soit une chute de 23 % par rapport à 1997.


Tendances du commerce extérieur

Traditionnellement protectionniste, le Japon importe malgré tout plus de 75 % de sa consommation de chaussures, ce qui fait de lui le second importateur mondial de chaussures après les Etats-Unis.
Les importations de chaussures ont augmenté de 14,2 % entre 2000 et 2002, pour atteindre 367 milliards de yens (2,96 milliards d'euros). Cette hausse concerne d'une part les chaussures en caoutchouc et en plastique en provenance des pays asiatiques, et d'autre part des chaussures haut de gamme fabriquées en Europe.

Sur les 470 millions de paires de chaussures importées, la Chine, qui a su s'engouffrer dans les failles protectionnistes de son voisin, lui fournit environ 400 millions de paires, pour un prix moyen de 4,80 US$ par paire. Ces chiffres relèguent loin derrière les autres pays producteurs à bas prix de la région asiatique.
Les catégories concernées sont les chaussures bon marché et à faible valeur ajoutée, en textile, caoutchouc, plastique et simili-cuir. En 2002, la Chine n'a vendu que 13,6 millions de chaussures en cuir à son voisin, pour un prix moyen de 20,80 US$.

En comparaison, les chaussures européennes ont représenté 7,3 millions de paires en 2002 (pour un prix moyen de 62 US$), dont 5,2 millions de paires de chaussures en cuir (prix moyen de 73 US$).

Les principaux fournisseurs de chaussures du Japon en 2002 sont :

  • la Chine, avec 67,4 % du total des importations en valeur, soit 247,5 milliards de yens (1996 millions d'euros),
  • l'Italie compte pour 10 % des importations (37 milliards d'euros, soit 298 millions de yens)
  • l'Indonésie, le Vietnam, la Corée du Sud et le Cambodge représentent respectivement 3,83 %, 2,73 %, 2,60 % et 2,27 % des importations japonaises,
  • la France ne se trouve qu'en 14ème position, avec une part de 0,66 %, pour une valeur de 2,4 milliards de yens (soit 19 millions d'euros).

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Chiffres clés

Le Japon en chiffres

Population : 127,3 millions d'habitants (octobre 2002)
1 euro = 137 Yen (JPY) (novembre 2004)
Produit Intérieur Brut : 4310 milliards d'US$ (2003)
PIB par habitant : 32600 US$ (2002)
PNB par habitant : 34010 US$ (2002)
Taux de croissance du PIB : 1,2 % (estimation 2004)
Taux d'inflation : - 0,8 % (2002)
Taux de chômage : 4,8 % (août 2004)
Déficit public : - 7,1 % du PIB (2004)
Dette publique : 163 % du PIB (2004)
Balance courante : 3,2 % du PIB (2003)
Exportations : 514,4 milliards d'US$ (2003)
Importations : 310,29 milliards d'US$ (2003)
Echanges commerciaux avec la France en 2003 :
Exportations françaises : 5,275 milliards d'€
Importations françaises : 10,288 milliards d'€



Source : PEE

Photo Guide du Routard

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La Maroquinerie

Principal marché mondial pour la maroquinerie et les articles de voyage, le Japon représentait déjà un chiffre d'affaires de 9,3 milliards d'euros en 2001. Cette même année, les gants ont également compté pour 496 millions d'euros.

Les ventes de gants de haut de gamme ont connu une augmentation au cours des dernières années, tandis que les articles de moyen et bas de gamme ont décru, du fait de plusieurs hivers consécutifs peu rigoureux. Ce segment étant en décroissance continue, de nombreux fabricants ont délocalisé leurs unités vers les pays asiatiques à bas coût (notamment la Chine).


Consommation

La maroquinerie touche une clientèle principalement composée de femmes.
Les modèles de marque représentent 70 % de la consommation, du fait de la constitution de " valeurs-refuges " face à la crise économique, et d'achats fortement déterminés par le goût de la mode et du paraître.

La distribution est en général contrôlée par les grossistes, qui imposent directement aux fabricants les modèles souhaités, fixent les prix et représentent les clients potentiels pour les fabricants étrangers souhaitant intégrer le marché japonais.
Des agents agréés vendent ensuite les produits aux magasins spécialisés (38,2 % des ventes de détails), aux grands magasins (30 %) ou aux supermarchés (7 %).


Tendances du commerce extérieur

Les articles de voyage et de maroquinerie représentent 11,4 % du total des importations japonaises en 2002. Le Japon reste donc le premier marché français pour cette partie des biens de consommation, en particulier au niveau des marques de luxe (Louis Vuitton Malletier, Dior).

En 2002, les importations représentaient 2,858 milliards d'euros, en baisse de 4 % par rapport à 2001. Tout comme pour la chaussure, le marché est divisé entre des produits moyen et bas de gamme (venant de Chine pour la plupart) et des produits haut de gamme et de luxe (européens).
La Chine représente 45,2 % des parts de marché en valeur, suivie par la France (20,6 %) et l'Italie (19,8 %).

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Sources :
Synthèse réalisée à partir de documents du PEE et des revues Leathers, Le Cuir et World Footwear.


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